La réconciliation dans le Golfe et les liens avec la France discutés par Erdogan et Hariri lors d’une réunion surprise |

ISTANBUL–Les sources arabes s’attendaient à ce que la visite surprise du Premier ministre libanais désigné Saad Hariri à Istanbul, où il a tenu une longue réunion avec le président turc Recep Tayyip Erdogan, ait permis d’aborder les questions de la réconciliation du Golfe et des relations turco-françaises en plus de la crise que traverse le Liban où aucun gouvernement n’est encore en place malgré les efforts de Hariri.

Selon certaines sources, M. Hariri a cherché à explorer les réactions du président turc concernant les récents développements au sein des pays du Conseil de coopération du Golfe à la lumière de la réconciliation entre le Qatar et le Royaume d’Arabie Saoudite, les Émirats arabes unis et le Royaume de Bahreïn, en plus de l’Égypte, qui n’est pas membre du Conseil.

Erdogan, ont-ils noté, a salué la déclaration publiée par le sommet des États membres du Conseil de coopération (CCG) qui s’est tenu dans la ville saoudienne d’Al-Ula.

Selon les sources, le président turc veut faire partie du processus de réconciliation du Golfe, étant le premier supporter du Qatar dans sa politique à tous les niveaux.

Dans des déclarations, vendredi, M. Erdogan s’est félicité de la réconciliation, déclarant qu’elle serait “bonne pour la région” et que son pays en bénéficierait directement.

Il a souligné que “la Turquie renforcera ses relations avec le Golfe”, et que “la Turquie retrouvera sa stature dans la période à venir pour le bien de la coopération entre la Turquie et le Golfe”.

Ankara adopte un discours favorable à la réconciliation et tente d’apaiser les dirigeants saoudiens, en particulier, afin de profiter de cette occasion de réconciliation et de rétablir la relation entre la Turquie et le Golfe à son statut d’avant la crise du Qatar de juin 2017.

La Turquie fait tout ce qu’elle peut pour échapper au boycott du Golfe qui a encore plus perturbé son économie, car les investissements saoudiens dans des secteurs vitaux comme l’immobilier se sont taris et le tourisme a pratiquement cessé.

En abordant les perspectives de rapprochement turco-français, Hariri peut compter sur ses liens étroits avec Erdogan et le président français Emmanuel Macron.

Les sources ont souligné le désir du président turc de modérer sa rhétorique hostile envers Macron en particulier et envers les politiques françaises en général, alors que la Turquie se prépare à traiter avec l’administration Biden, qui n’est pas favorable aux politiques et orientations d’Erdogan.

À cet égard, on estime que M. Erdogan préfère se rapprocher de l’Europe, y compris de la France, afin d’éviter l’émergence d’un large front contre ses politiques, qui comprennent une intervention militaire en Libye et des menaces à l’encontre des voisins de la Turquie, notamment Chypre et la Grèce.

Jeudi, le ministre turc des affaires étrangères Mevlut Cavusoglu a déclaré qu’il s’était mis d’accord avec son homologue français Jean-Yves Le Drian sur une feuille de route pour la normalisation des relations entre les deux pays.

Cavusoglu a déclaré : “La Turquie ne veut jamais avoir de mauvaises relations avec aucun pays, et si la France est sincère dans cette affaire, alors la Turquie est prête à normaliser ses relations avec elle”.

La Turquie ressent maintenant l’impact de la France en apaisant ses mouvements en Méditerranée orientale et en Libye, son objectif est donc maintenant de désamorcer les frictions avec Paris.

La déclaration publiée après la visite de M. Hariri a attiré l’attention, notamment en indiquant que “la réunion, qui a duré deux heures et a inclus un déjeuner de travail, a permis de discuter en détail des derniers développements régionaux, des multiples défis et des moyens de coopération entre les pays de la région pour y faire face”.

Hariri et Erdogan ont également discuté des relations entre le Liban et la Turquie, et des moyens de soutenir les efforts pour arrêter l’effondrement de l’économie libanaise et reconstruire Beyrouth une fois que le nouveau gouvernement sera formé au Liban.

Les sources diplomatiques arabes estiment que l’inclusion dans la déclaration des “derniers développements régionaux et des multiples défis” signifie une discussion de la situation régionale au-delà des relations turco-libanaises et du rôle que la Turquie peut jouer dans le domaine de la reconstruction.

Une déclaration publiée par le département des communications de la présidence turque indique qu’Erdogan a tenu une réunion avec Hariri au palais de Vahiddin à Istanbul.

La déclaration a ajouté que M. Erdogan a souligné la détermination de son pays à renforcer ses relations bilatérales profondes avec le Liban dans tous les domaines. Il a également souligné l’importance de la stabilité politique au Liban pour la paix et la sécurité dans la région.

La Turquie a déjà montré un intérêt particulier pour la reconstruction du port de Beyrouth, une préoccupation partagée par la France, qui a construit le port au 19ème siècle, alors que Beyrouth était encore une province ottomane.

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