Comment la France teste la gratuité des transports publics

Aujourd’hui, il y a une “nouvelle vague” de soutien à l’idée de la gratuité des transports en France, “basée sur la création de réseaux plus durables, plus verts, qui aident les communautés qui en ont le plus besoin”, dit Passalacqua. “Grâce à cela, les grandes villes commencent à la mettre en œuvre”.

À Paris, la gratuité des transports publics pour les moins de 18 ans a été instaurée pour l’année scolaire 2020 ; Strasbourg, la neuvième plus grande ville de France, mettra en œuvre la même politique en septembre prochain. Depuis le mois dernier, les près d’un million d’habitants de l’agglomération nantaise voyagent gratuitement le week-end. La région Occitanie, qui compte quelque six millions d’habitants, a mis en place une politique de gratuité pour les 18-26 ans qui prennent le train au moins 30 fois par mois, dans le double but d’aider les jeunes travailleurs et de réduire les émissions de carbone.

Alain Jund, vice-président chargé de la mobilité, des transports, des déplacements et de la politique cycliste à la mairie de Strasbourg, explique que ce changement dans sa ville s’explique en partie par la crise climatique, avec l’idée que 80 000 jeunes n’auront plus besoin d’être emmenés par leurs parents. “A Strasbourg, les niveaux de pollution sont très élevés et cela est lié au trafic automobile”, dit-il. “C’est aussi un problème de santé publique. Nous estimons que 500 personnes [in Strasbourg] meurent par an à cause de la pollution.”

Mais les raisons socio-économiques sont également un facteur important dans la politique de Strasbourg, dont le coût annuel estimé entre 6 et 8 millions d’euros (7,3 et 9,7 millions de dollars, 5,2 et 6,9 millions de livres sterling) sera couvert par le budget municipal général. Selon la ville, les familles avec deux enfants économiseraient 550 € par an sur le coût de leurs titres de transport, ce qui représente des économies significatives pour les familles à faibles revenus.

“Nous traversons une crise économique – et pas seulement à cause de la pandémie”, explique Mme Jund. “Il s’agit d’une mesure de solidarité et de protection du pouvoir d’achat. Mais il s’agit aussi d’assurer l’égalité territoriale entre les habitants du centre-ville et ceux des zones rurales, et de protéger le droit à la mobilité – faire du sport, aller au cinéma et se déplacer librement. Nous pensons que c’est important.”

Le prix à payer

De Dunkerque à Tallinn en passant par Luxembourg, les expériences de transports publics gratuits ont été menées à une échelle relativement réduite, ce qui les rend beaucoup plus faciles à gérer que le déploiement de cette politique dans une grande ville. Mais les partisans de cette politique, portés par le soutien aux initiatives visant à lutter contre la crise climatique, affirment qu’il est temps de passer à la vitesse supérieure.

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