Ford proposera la conduite mains libres sur certains modèles de voitures et de camions dans le courant de l’année.

Bloomberg

L’UE riposte à la Chine en lui donnant les moyens de contrer les entreprises d’État

(Bloomberg) — L’Union européenne cherche à renforcer sa position face à la menace économique croissante que représente la Chine, avec de nouveaux pouvoirs visant les entreprises d’État étrangères. La Commission européenne, l’organe exécutif de l’Union, a proposé de nouvelles règles pour imposer des amendes et bloquer des transactions, selon un projet obtenu par Bloomberg. Bien que la Chine ne soit pas spécifiquement mentionnée dans la proposition, cette initiative fait suite aux plaintes des entreprises européennes, qui reprochent aux entreprises de ce pays asiatique de bénéficier d’un soutien qu’elles ne peuvent pas égaler. Il s’agit de la prochaine étape dans les efforts déployés par l’Union européenne pour repousser la Chine, dans le prolongement des efforts déployés par les États membres pour protéger les entreprises stratégiques contre les rachats par des acheteurs non européens.Dans le contexte de la récession la plus forte depuis près d’un siècle, l’Europe montre des signes de protectionnisme croissant. Les gouvernements de l’UE ont débattu du “rapatriement” des chaînes d’approvisionnement après que la pandémie a révélé la vulnérabilité de la région aux perturbations, tandis que la France et l’Allemagne affirment que le bloc devrait permettre la création de “champions européens” suffisamment importants pour concurrencer les États-Unis et la Chine.Les États membres se sont montrés de plus en plus inquiets à l’idée que des entreprises européennes soient rachetées par des sociétés disposant de lignes de crédit illimitées ou soient contraintes de cesser leurs activités parce que leurs rivaux peuvent se permettre de vendre à des prix inférieurs aux coûts. L’Allemagne a bloqué une offre chinoise pour la première fois en 2018 en mettant son veto à l’achat potentiel du fabricant de machines-outils Leifeld Metal Spinning AG. L’année dernière, le gouvernement de la chancelière Angela Merkel a accepté d’acheter une participation de 23% dans CureVac AG, à l’époque un acteur clé dans la course à un vaccin contre le coronavirus qui avait fait l’objet de spéculations de rachat de la part des États-Unis.Parallèlement à des mesures similaires dans d’autres États membres, le cabinet de l’Allemagne a approuvé mardi de nouvelles modifications des règles sur les investissements étrangers pour donner au gouvernement des pouvoirs accrus pour examiner les transactions qui pourraient avoir un impact sur la sécurité nationale. Les nouvelles réglementations, qui doivent être approuvées par le Parlement, visent des secteurs de haute technologie tels que l’intelligence artificielle, la conduite autonome et l’informatique quantique.La France a récemment interrompu l’achat de la chaîne d’épicerie Carrefour SA par la société canadienne Alimentation Couche-Tard Inc. en invoquant la souveraineté alimentaire et la nécessité de sécuriser les chaînes d’approvisionnement dans le contexte de la pandémie. Le pays a également opposé son veto à l’achat par Teledyne Technologies Inc. de Photonis, une entreprise qui fabrique des équipements de vision nocturne pour l’armée, en invoquant des intérêts stratégiques. Ces dernières semaines, l’Italie s’est coordonnée avec la France pour protéger le constructeur de camions Iveco SpA d’une prise de contrôle par le groupe chinois FAW Group Co. Le Premier ministre Mario Draghi a également envoyé un message en bloquant l’offre de la société chinoise Shenzhen Invenland Holdings Co. sur la petite entreprise de semi-conducteurs LPE SpA. Le gouvernement espagnol a fait savoir qu’il pourrait bloquer au moins deux opérations, l’une concernant un service public et l’autre un fabricant de composants aéronautiques.Selon le projet de règlement européen, les entreprises qui réalisent au moins 500 millions d’euros (600 millions de dollars) de chiffre d’affaires en Europe et qui ont reçu plus de 50 millions d’euros de soutien d’un État étranger au cours des trois dernières années devront obtenir l’autorisation de l’Union européenne pour conclure des accords. Les fonctionnaires européens cherchent à obtenir le pouvoir d’inspecter les bureaux des entreprises en dehors de l’Europe, avec l’autorisation de l’entreprise et à la connaissance de l’État étranger, selon le projet.Les régulateurs suggèrent aux entreprises des moyens de dissiper les inquiétudes concernant les subventions, notamment en accordant à leurs rivaux l’accès aux infrastructures, en accordant des licences à des conditions équitables ou en publiant des recherches. Les entreprises peuvent également réduire leur capacité ou leur présence sur le marché, céder des actifs ou s’abstenir d’investir, selon le document.La Commission européenne a refusé de faire des commentaires et la mission chinoise auprès de l’UE n’a pas répondu à une demande de commentaire.Malgré cette position plus stricte, l’UE continue de tisser activement des liens commerciaux avec la Chine, notamment par le biais d’un accord d’investissement. L’Union européenne a présenté cet accord, qui pourrait entrer en vigueur au début de l’année prochaine, comme un moyen de rééquilibrer les relations économiques avec son deuxième partenaire commercial, et d’élargir l’accès au marché chinois pour les investisseurs européens dans des secteurs allant de l’automobile aux télécommunications. Il vise également à s’attaquer aux politiques chinoises sous-jacentes jugées comme ayant un effet de distorsion sur le marché, telles que les subventions industrielles, le contrôle des entreprises par l’État et les transferts de technologie forcés.Pour plus d’articles comme celui-ci, veuillez nous rendre visite sur bloomberg.comS’abonner maintenant pour rester en tête avec la source d’informations économiques la plus fiable.©2021 Bloomberg L.P.

Votre estimation gratuite en ligne